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Conférence de presse du 12 juin 2008

2008-06-12

Le 12 juin 2008, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Qin Gang a tenu une conférence de presse et répondu aux questions des journalistes sur les pourparlers à six, la visite du Ministre allemand des Affaires étrangères en Chine, les relations entre la Chine et les pays insulaires du Pacifique du Sud, etc.

Qin Gang : Mesdames et Messieurs, bonjour. D'abord, je voudrais vous annoncer une nouvelle.

Le 14 juin, ensemble avec les directeurs généraux politiques des Ministères des Affaires étrangères de la Chine, de la Russie, du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne, le haut représentant de l'UE Javier Solana remettra à l'Iran le plan sur la reprise des négociations préparé par les six pays et la lettre des Ministres des Affaires étrangères des six pays au Ministre iranien des Affaires étrangères. Le Ministre assistant chinois des Affaires étrangères Liu Jieyi sera présent à la remise collective.

La partie chinoise espère que les différentes parties renforceront les efforts diplomatiques et feront preuve de souplesse afin de reprendre au plus tôt les négociations et de trouver une solution adéquate, globale et à long terme à la question nucléaire iranienne.

Maintenant je suis prêt à répondre à vos questions.

Q : Un groupe de réflexion australien a publié un rapport en disant que les assistances économiques accordées par la Chine aux pays insulaires du Pacifique du Sud augmentent d'année en année, et que leur utilisation non transparente a causé l'instabilité politique dans ces pays et compromis la démocratie et la justice des pays concernés. Qu'en pensez-vous ?

R : Ces dernières années, les relations entre la Chine et les pays insulaires du Pacifique ont affiché un élan favorable de développement. Le développement de ces relations a comme point de départ la préservation de la paix et de la stabilité et la promotion du développement durable en matière économique et sociale dans ces pays insulaires. C'est justement pour cet objectif que la Chine leur a accordé ces dernières années des assistances dans la mesure de ses possibilités. Ces assistances ont été réalisées sur la base de l'égalité et des bénéfices réciproques, c'est-à-dire pour favoriser le développement de l'économie des pays concernés et améliorer les conditions de vie de la population locale. Il s'agit des assistances et soutiens sincères entre amis. La Chine n'intervient pas dans les affaires intérieures de ces pays en utilisant ces assistances qui, d'ailleurs, ne sont assorties d'aucune condition politique. La Chine et les pays insulaires du Pacifique ont créé un forum sur la coopération et le développement économique, dans le cadre duquel la partie chinoise s'est engagée à donner des soutiens et assistances à des pays insulaires du Pacifique et a fixé certain nombre de projets de coopération. Actuellement, tous les projets se déroulent normalement.

Je voudrais souligner que dans ses relations avec l'extérieur, la Chine est toujours contre la soi-disant « diplomatie du dollar » à laquelle elle n'a jamais eu recours. Nous entendons continuer à développer les relations d'amitié et de coopération avec les pays insulaires du Pacifique conformément aux buts et principes de la Charte des Nations Unies et sur la base des Cinq Principes de la Coexistence pacifique.

Les accusations dans le rapport de cet établissement académique australien contre la politique de la Chine à l'égard des pays insulaires du Pacifique du Sud sont infondées et inacceptables pour nous.

Q : Selon des députés américains, le FBI a découvert hier que quatre ordinateurs ont été attaqués par des pirates informatiques chinois. Par ailleurs, des officiels américains disaient que le gouvernement chinois avait utilisé l'Internet et les courriers électroniques pour contaminer des ordinateurs portables des Américains avec des virus. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : J'ai lu les reportages concernés. Je ne sais pas si vous croyez ces soi-disant accusations après avoir lu ces reportages. Quels sont les fondements de ces reportages? Maintenant, les échanges humains entre la Chine et les Etats-Unis sont très intenses et fréquents. Vous pouvez interviewer un citoyen américain quelconque qui vient en Chine pour voyager, travailler, faire des affaires ou étudier pour constater s'il existe, dans son ordinateur et son réseau, des dangers évoqués dans les reportages concernés. Il serait mieux pour certains Américains de faire des choses favorables au renforcement de la confiance mutuelle et de l'amitié entre la Chine et les Etats-Unis, au lieu d'être soupçonneux sur tout et répandre des rumeurs sensationnelles.

Q : Le Dalaï Lama est en visite en Australie, quel est votre commentaire sur cette visite ? Selon des reportages, des dirigeants australiens pourraient le rencontrer, quelle est votre réaction là-dessus ? Aujourd'hui, le Dalaï Lama a fait savoir que ses représentants et le gouvernement central pourraient reprendre le dialogue la semaine prochaine. Pourriez-vous confirmer cette information ?

R : Le gouvernement chinois s'oppose fermement aux activités séparatistes du Dalaï Lama sous quelque titre que ce soit et dans quelque pays que ce soit. Dans le même temps, il s'oppose fermement à ce qu'un pays quelconque accorde des soutiens et facilités aux activités séparatistes du Dalaï Lama.

Nous demandons à la partie australienne de prendre sérieusement en considération la grande préoccupation de la partie chinoise et de ne pas autoriser le Dalaï Lama à mener des activités visant à diviser la Chine sur le territoire australien.

Quant aux prochains contacts entre le gouvernement central et le Dalaï Lama que vous avez évoqués, ils auront lieu en temps opportun. Actuellement, les concertations sont en cours pour en fixer la date.

Q : Depuis l'incident de Lhassa du 14 mars, les journalistes étrangers ne peuvent plus aller au Tibet pour réaliser des reportages. Maintenant, 3 mois se sont écoulés après l'incident, est-ce que les journalistes étrangers pourront aller au Tibet pour des reportages ?

R : D'abord, je voudrais souligner que c'est à cause des crimes extrêmement violents perpétrés à Lhassa le 14 mars que Lhassa et les autres régions du Tibet ne peuvent pas accueillir aujourd'hui les journalistes étrangers, et nous n'en sommes pas responsables. Nous avons noté, et nous comprenons bien d'ailleurs, la volonté des journalistes étrangers d'aller faire des reportages au Tibet. Au fur et à mesure du rétablissement de la stabilité sociale au Tibet, je crois que les autorités compétentes étudieront avec sérieux votre demande.

Question du même journaliste : Vous avez dit que vous n'étiez pas responsables, alors qui en est responsable ?

R : Vous ne savez vraiment pas ? Bien sûr c'est la clique du Dalaï Lama.

Q : Veuillez nous donner la date précise du relais de la torche olympique à Lhassa ? Le Ministre allemand des Affaires étrangères entamera demain sa visite en Chine, est-ce que les deux parties évoqueront la question du Tibet ? Après la rencontre entre le Dalaï Lama et la Chancelière allemande Merkel, les relations sino-allemandes s'étaient dégradées pendant un certain temps. Est-ce que ces relations se sont déjà améliorées aujourd'hui ? Les Etats-Unis ont récemment décidé de suspendre la vente d'un lot d'armes à Taiwan pour ne pas compromettre le dialogue engagé actuellement entre les deux rives du détroit de Taiwan. Quel est votre commentaire là-dessus?

R : Selon les informations que j'ai obtenues des autorités compétentes, suite au séisme de Wenchuan, on portera quelques modifications sur le programme du relais de la torche olympique à l'intérieur du pays, et probablement sur le passage de la torche au Tibet. Comme les arrangements précis seront fixés par le BOCOG, je vous propose de vous renseigner auprès de ce dernier.

Le Vice-Chancelier et Ministre des Affaires étrangères allemand Frank-Walter Steinmeier entamera demain sa visite en Chine. Il aura un entretien avec le Ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi et sera reçu respectivement par le Premier Ministre Wen Jiabao et le Conseiller d'Etat Dai Bingguo. Les deux parties procéderont à des échanges de vues larges et approfondis sur les relations bilatérales et de nombreuses questions d'intérêt commun. Si la partie allemande souhaite parler avec nous de la question du Tibet et de celle du Dalaï Lama, nous voulons bien lui donner des informations et lui présenter les positions de principe de la partie chinoise sur ces sujets.

A l'heure actuelle, les relations sino-allemandes affichent un bon élan de développement. Depuis le début de cette année, plusieurs membres du gouvernement allemand ont effectué des visites en Chine, le 8e Symposium sino-allemand sur la justice s'est tenu avec succès et la grande manifestation culturelle « Deutschland und China » s'est déroulée dans d'heureuses conditions. Après le violent séisme survenu à Wenchuan, des dirigeants allemands ont immédiatement envoyé des messages de sympathie à la Chine, et le gouvernement et le peuple allemands ont fourni d'importantes aides matérielles et financières aux régions sinistrées. Cela montre pleinement l'amitié du peuple allemand envers le peuple chinois, nous tenons à y exprimer nos sincères remerciements. Le gouvernement chinois attache une grande importance au développement des relations sino-allemandes. Nous sommes prêts à travailler ensemble avec l'Allemagne pour continuer à accroître la confiance politique mutuelle, à renforcer la coopération et à promouvoir un développement sain et régulier des relations sino-allemandes sur la base du respect mutuel, de l'égalité et des avantages réciproques, tout en réagissant adéquatement devant les préoccupations majeures de l'autre partie.

Le gouvernement chinois s'oppose fermement à la ventre d'armes à Taiwan et au maintien de soi-disant « contacts militaires » avec Taiwan par les Etats-Unis. Nous demandons aux Etats-Unis d'honorer leurs engagements solennels pris dans les trois communiqués conjoints entre la Chine et les Etats-Unis et surtout dans le « Communiqué du 17 août » pour arrêter définitivement toutes les ventes d'armes à Taiwan au lieu d'en suspendre temporairement une partie.

Q : Le Japon et la RPDC mènent actuellement des consultations à Beijing sur le problème de l'enlèvement et d'autres problèmes légués par l'histoire. Quelles sont les attentes de la Chine de ces consultations ? Par ailleurs, la réunion du groupe de travail sur les questions économiques et énergétiques dans le cadre des pourparlers à six a eu lieu à Séoul, pourriez-vous nous présenter le programme précis de la prochaine réunion des pourparlers à six ?

R : Concernant le problème de l'enlèvement et les consultations Japon-RPDC, je vous prie de vous adresser aux pays concernés. Nous espérons que ces consultations pourront contribuer au règlement des problèmes en suspens dans les relations entre le Japon et la RPDC et à l'amélioration de leurs relations. Nous souhaitons voir cette interaction et ces consultations obtiennent des résultats positifs, car la normalisation des relations bilatérales Japon-RPDC constitue également une composante importante du processus des pourparlers à six. Que les parties concernées puissent travailler en commun et dans la même orientation afin de faire progresser sans cesse les pourparlers à six.

Quant à la réunion du groupe de travail sur les questions économiques et énergétiques des pourparlers à six qui se tient en République de Corée, je ne dispose pas encore du compte rendu de la réunion. Quand nous aurons des informations là-dessus, nous vous en communiquerons. De toute façon, nous espérons que cette réunion aboutira à des résultats positifs. Actuellement, les pourparlers ont devant eux des opportunités pour surmonter les difficultés temporaires et progresser davantage. Nous souhaitons que les parties concernées puissent travailler en commun dans ce sens.

A l'heure qu'il est, un nouveau tour d'interaction se déroule entre les différentes parties, qui maintiennent des communications pour se concerter sur la convocation, à un moment convenable, de la prochaine réunion des chefs de délégation. La Chine entend jouer un rôle constructif dans la mise en œuvre globale et équilibrée du reste des actions de la deuxième phase pour faire entrer les pourparlers à six dans une nouvelle phase de progression.

Q : Le WWF (Fonds mondiaux pour la Nature) et le Comité de la Coopération internationale sur l'environnement et le développement de Chine ont publié, mardi, un rapport selon lequel la Chine aurait besoin des ressources deux fois plus importantes qu'elle est capable de fournir pour maintenir le développement durable de son écosystème, et l'empreinte écologique par tête d'habitant en Chine a doublé par rapport aux années 60 du siècle dernier. Quelle est votre réaction sur ce rapport ?

R : Vous évoquez là une question sur la protection de l'environnement et le développement durable. La politique que le gouvernement chinois adopte pour le moment consiste à appliquer le concept de développement scientifique pour réaliser le développement durable de l'économie et, en particulier, l'harmonie entre l'homme et la nature. C'est la politique inscrite dans le Rapport du 17e Congrès du Parti communiste chinois. La protection de l'environnement est aussi une politique nationale. Que ce soit dans la construction économique à l'intérieur du pays ou dans les échanges économiques avec l'extérieur, nous attachons toujours une grande importance à la protection de l'environnement et à l'harmonie entre l'homme, les ressources et l'environnement. En même temps, le règlement des problèmes environnementaux planétaires nécessite le renforcement de la coopération internationale. Nous entendons aussi poursuivre notre coopération avec d'autres pays dans ce domaine pour protéger le foyer commun de l'Humanité.

Si vous n'avez plus de questions, la séance est levée. Merci de votre présence. Au revoir.

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